La viande bovine

En Wallonie

L’élevage de bovins est un pilier important de l’agriculture wallonne.

En 2016, pas moins de 69% des exploitations agricoles wallonnes détenaient des bovins, soit près de 8900 détenteurs de bovins. Le secteur de la viande bovine a subi de profonds changements depuis les années 1990. Le nombre de détenteurs de bovins est passé de 23.800 en 1990 à moins de 8.900 en 2016.

En Belgique, le cheptel bovin a diminué de 16,6% entre 2000 et 2016 (de 3 à 2,5 millions de têtes) :

  • Cette diminution est relativement similaire en élevage laitier et allaitant,
  • Alors qu’elle est provoquée par une hausse des rendements laitiers par vache, le déclin du cheptel allaitant est symptomatique d’une baisse de la production de viande bovine.

Au niveau de la production, on constate des spécificités notables à la Wallonie  :

  • L’élevage wallon se concentre sur l’élevage bovin allaitant, (le troupeau allaitant Wallon représente 59 % du cheptel allaitant Belge, contre 42% du cheptel pour les vaches laitières) ;
  • L’exploitation bovine wallonne est de type « naisseur-éleveur » avec peu d’engraissement des bovins dans l’exploitation d’origine et une très faible production de veaux de boucherie, produits principalement en Flandre ;
  • Le contexte géopédologique est à l’origine de  la part importante d’un élevage extensif en Wallonie. L’engraissement des bovins étant plus pratiqué en Flandre.

Plusieurs dynamiques expliquent cette différence, notamment une réforme de la PAC qui diminue les soutiens à la tête de bétail et qui entraîne une décapitalisation et une baisse de la production finie.

Cette réduction du nombre de détenteurs va de pair avec une augmentation des cheptels détenus par éleveur. La taille des exploitations tend donc à augmenter légèrement. Les reprises familiales sont quant à elles de plus en plus difficiles d’un point de vue économique. Ce qui pose actuellement question quant au maintien du modèle d’une agriculture effectivement familiale, à taille humaine, rentable et pourvoyeuse d’emplois. Des emplois qui ne s’arrêtent pas à la ferme mais concernent tous les maillons de la filière viande bovine.

Des changements dans la consommation

Au-delà de la crise économique et de ses conséquences sur le budget alimentaire des ménages, la façon de consommer est influencée par les changements de la société : les évolutions du mode de vie entraînent de nouvelles attentes de la part des consommateurs ; les préoccupations environnementales et de santé sont de plus en plus présentes dans les esprits ; enfin, les différentes crises sanitaires ont bousculé la confiance de certains ménages. La demande du consommateur est en profond changement mais il y a une attente face à une offre locale, de produits savoureux, sain, sûr et durable.

Ces changements de comportements de consommation se sont traduits par une baisse de consommation domestique de viandes. En réalité, il s’agit surtout d’un rééquilibrage entre différents types de viande. La consommation de viande bovine (-25% depuis 2010) a été la plus impactée d’une part à cause de son prix et de l’autre à cause des discours ciblés contre la viande rouge. Cette réduction de la consommation s’est faite au bénéfice de la volaille et les produits transformés à base de porcs, perçus comme meilleurs marchés.

Deux points d’attention

Dans le contexte de préoccupations relatives au bien-être animal et à l’environnement, la production de viande bovine en Wallonie a des atouts non négligeables à faire valoir. L’élevage wallon est en effet lié à l’utilisation de la prairie, un réservoir important de carbone qui participe également au bien-être animal.

Une communication claire remettant les informations dans leur contexte, et montrant de manière objective les impacts et contributions de l’élevage permettrait au consommateur de choisir le régime alimentaire lui convenant le mieux en toute connaissance de cause. La valorisation dans le secteur Horeca des viandes locales est également un des enjeux principaux du secteur.

Chiffres clés

  • 1.181.385 bovins (-2,8% depuis 2014)
    • dont 212.500 vaches laitières (y.c. reformes)
    • dont 262.700 vaches allaitantes (y.c. reformes)
  • 8875 détenteurs de bovins, ce qui représente 69% des exploitations wallonnes (12.888)
    • 80% possèdent des vaches allaitantes
    • 61% ont des vaches laitières
    • Des exploitations à taille familiale avec en moyenne 131 bovins (laitiers et viandes).
    • La superficie moyenne par exploitation est de 55.4ha
    • Une production diversifiée sous différents label de qualité

Les chiffres-clés de la viande bovine en Wallonie :

~70% ration bovine = herbe

80% sont de race Blanc Bleu Belge (le reste sont des Limousins, Blondes d’Aquitaine, Charolais, Salers,…)

8900 éleveurs de vaches, soit 69% des exploitations wallonnes

1,2 million de bovins en Wallonie

En Wallonie, les éleveurs de bovins pratiquent souvent un autre élevage ou des cultures

Un agriculteur à temps plein s’occupe d’environ 41 vaches allaitantes